Palais Royal - Colonnes de Buren
En Octobre 2025 les élèves de la classe de Première en enseignement optionnel ont pu découvrir l’installation In Situ de Daniel Buren nommée Les Deux Plateaux plus connus sous le nom de colonnes de Buren, déploient leurs 260 colonnes tronquées que Buren nomme cylindres de marbre à travers les 3000 m² de la Cour d’Honneur du Palais Royal. L'œuvre constituée par ce maillage de 13 x 20 colonnes est monumentale.
/image%2F1834140%2F20260116%2Fob_5084be_20251016-175344.jpg)
L’œuvre répond à deux principes fondamentaux établis par Daniel Buren. Premier principe, cette installation s’inscrit pleinement dans la composition architecturale du Palais Royal, composition basée sur un principe linéaire et répétitif de colonnades. La distribution des colonnades de la galerie d’Orléans détermine le traçage au sol. La circonférence et l’axe des colonnes du palais Royal décident de la hauteur et de l’espacement des piliers des Deux Plateaux. La répétition des bandes et des cylindres rythme les différentes perspectives donnant à l’ensemble une unité structurée qui correspond avec l’architecture originelle du lieu. Second principe, l’œuvre révèle le sous-sol. Ainsi le regard circule entre les plans grâce aux grilles aménagées à même le sol. Le spectateur est placé dans une position intermédiaire entre les deux espaces imaginés par l’artiste. Cette installation suggère la participation de celui-ci qui est invité à s’approprier l’œuvre, à expérimenter physiquement le lieu par la marche et la déambulation.
/image%2F1834140%2F20260116%2Fob_895d2d_20251016-175352.jpg)
Il s’agit donc d’une construction en deux plans distincts, d’où le titre donné Les Deux Plateaux. Le premier au niveau de la cour correspond au sommet aligné des colonnes tandis que le second, en sous-sol s’étend sur trois tranchées creusées dans lesquelles ont été placées des colonnes de hauteur égale mais que la déclivité du terrain fait apparaître différentes dans l’alignement. Un plan d’eau circule dans cet espace souterrain faisant de cette installation un monument : une fontaine. Buren donne ainsi une autre perception du lieu, une perception auditive. Les deux plateaux changent de physionomie la nuit grâce à l'éclairage : à l'intersection de chaque bande du maillage est installé un clou luminescent rouge ou vert. Les tranchées sont illuminées par des diodes bleues placées sous les grilles. L’œuvre possède donc deux aspect l’un diurne l’autre nocturne
Les 260 colonnes octogonales se disputent trois hauteurs différentes selon leur position.
– Arasées au niveau du sol, elles apparaissent comme une incrustation dans celui-ci et laissent ainsi le passage libre aux véhicules utilitaires.
– Hautes de 8,7 cm à 62 cm, le sol sur lequel elles reposent variant en fonction des lignes de pente nécessaires pour l’écoulement des eaux de pluie, leur hauteur est donc déterminée par la pente et par la place qu’elles occupent dans la surface de la cour.
– Hautes de 319 cm, implantées sur la pente naturelle des tranchées, elles s’enfoncent jusqu’à disparaître complètement, la dernière se trouvant sous le sol jusqu’à affleurer au ras de celui-ci implantée au centre d’un cube parfait.
Rayées de noir et blanc, elles doivent leurs zébrures d’une largeur unique de 8,7 cm aux rayures du tissu standard utilisés pour réaliser des stores que l’artiste trouvait dans sa jeunesse au marché Saint Pierre. Réalisés en marbre de Carrare et marbre noir des Pyrénées, les piliers bicolores renvoient par l’utilisation des matériaux nobles à la statuaire grecque antique.
Cette installation à la fois sonore et visuelle permet de solliciter le corps du spectateur qui devient alors lui-même un élément constitutif de l’œuvre. Ce qu’ont pu expérimenter les élèves sur place.
/image%2F1834140%2F20260116%2Fob_f9eaba_20251016-174732.jpg)
Professeur : Nadine Averink