Galleria Continua - Need

Publié le par Nadine Averink

Sortie à la Galleria Continua du vendredi 17 Octobre 2025 avec les élèves de terminale de l’enseignement de spécialité et du vendredi 28 Novembre 2025 avec les élèves de 1e pour découvrir l’exposition « Need » de la plasticienne belge Berlinde De Bruyckere.

Une exposition qui explore toute la vulnérabilité et la fragilité du corps à travers des œuvres emblématiques de l’artiste dont la série "It Almost Seemed A Lily", dans laquelle elle propose une réinterprétation en matériaux mixtes des Jardins clos. Ce sont des retables de la Renaissance sous la forme de panneaux peints et de petites sculptures polychromes qui mettent en scène des pièces de textile et des fleurs en soie, des insignes en métal et des grappes de raisins en verre, du cristal et du parchemin, du papier et des reliques, du linge et de la terre de pipe ou même des fragments d’os. Ces Jardins clos, qui représentent un monde idéal, paradisiaque ont été réalisés par l’hospice des Sœurs augustines de Malines. Les centaines de fleurs de soie finement ouvragées, à tous les stades de croissance et de décomposition, lui ont évoqué les lys fanés qu’elle avait photographiés dans son atelier (un ancien couvent). Pour De Bruyckere, les pétales tombés au sol présentent des similitudes avec la délicatesse de la peau humaine, un thème omniprésent dans son travail. La fleur joue un rôle central dans cette série intitulée It Almost Seemed A Lily. Le lys a des connotations religieuses et mythologique. De Bruyckere a emprunté le titre de sa série au mythe d’Apollon et Hyacinthe dans les Métamorphoses d’Ovide. Cette série de sculptures en textile, fer et cire est encadrée par des planches de chêne datant du XVIIIe siècle.

On peut voir aussi ses "Glassdome" réparties sur les deux étages de la galerie, ce sont des sculptures en cire enfermées sous des cloches en verre. Au premier étage de la galerie deux vitrines intitulées "Need" présentent des reliques sculpturales, mêlant branches personnifiées, peaux écorchées et corps blessés moulés en cire. Elles renvoient au titre de l’exposition.

De Bruyckere crée des œuvres produites à partir de moulage. Elle utilise ensuite une technique combinant cire, peaux animales, textiles usagés, métal et bois. Le résultat donne lieu à des sculptures troublantes évoquant la mort, mais aussi la vie ; que ce soit dans son état de vitalité ou de déclin. La fragilité, la résilience, la souffrance, la violence, la peur, la solitude ou encore les expériences humaines universelles y sont ainsi évoquées, le tout imprégné de références à l’histoire de l’art, comme l’iconographie religieuse et la mythologie classique. Ses fragments de corps à la peau cyanosée sont extrêmement brutaux à observer car pour les élèves, ils provoquent malaise et effroi, pourtant ces bustes, ces pieds, ces mains s’approprient les codes formels propres à la représentation du corps martyre dans la peinture médiévale ou Renaissance, et en ce sens, sont universels. Ils font écho aux violences contemporaines, aux guerres ou aux génocides. Pour sa technique de sculpture de Nus en cire, elle peint une à une plusieurs couches de cire, jusqu’à 15 couches, dans une forme en silicone. La cire étant chaude les couleurs ajoutées par l’artiste fondent les unes dans les autres et forment une texture semblable à celle d’une peau pâle et translucide d’où l’extrême trouble des élèves.

Ses thèmes : le martyre, la rédemption, la métamorphose, l’érotisme, les relations et hybridations de l’humain, du végétal et de l’animal permettent d’associer le travail de cette artiste au programme limitatif intitulé La Nature à l’œuvre mais ils peuvent aussi être reliés au second thème Documenter ou augmenter le réel.

Photos Nadine Averink

Publié dans Sorties

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