MAIF Social Club - Voir la Mer, reflet d'un océan chaviré
Visite de l’exposition Voir la Mer, reflet d’un océan chaviré au Maif Social Club avec les élèves de terminales des deux enseignements optionnel et de spécialité en Février 2026.
Focus sur une des œuvres exposées en lien avec la thématique du baccalauréat intitulée Nature à l’œuvre : Charlotte Gauthier Van Tour, Aérobie, le souffle de l’eau 2025, création pour l’exposition, Grès émaillé, eau, brumisateur, laine, chanvre, gaze, agar agar, spiruline, pigments naturels. Création olfactive : Julie Massé (Mane), en partenariat avec Nez, la revue olfactive. Conception émail : Océane Vanhaelen
Aérobie, le souffle de l’eau est une œuvre de l’artiste française Charlotte Gautier Van Tour en 2025 réalisée pour l’exposition Voir la mer, Reflet d’un océan chaviré au Maif social club. Charlotte Gautier Van Tour traite dans ses œuvres les phénomènes de notre écosystème avec comme fil conducteur : l’eau par sa symbolique et son rôle dans la biosphère. Ainsi, cette œuvre représente les fonds marins avec sa faune et sa flore. Elle traite ce motif avec une immersion sensorielle dans une cavité matricielle qui est source de vie animale, humaine et végétale. Son œuvre prend la forme de la figure d’une algue qui s’étale sur le mur et sur le plafond ainsi que, au sol, de la terre sur laquelle est posée des sculptures faisant penser à des coquillages et qui contiennent des liquides en cours de réactions chimiques.
La plante est composée de diverses matières avec des bases de plantes naturelles avec l’utilisation de grès émaillé, d’eau, de laine, de chanvre, de gaz, d’agar, de spiruline et de pigments naturels. Avec ces matériaux, elle représente le motif de l’algues avec son mouvement dans l’eau. De plus, la présence de la flore marine est accentuée par le choix des plantes utilisées pour la création de son travail comme avec la spiruline qui est une cyanobactérie qui colore les organismes marins. Les sculptures posées sur la terre qui semblent être des coquillages ou des coquilles d'huître contiennent dans certains d’entre eux des liquides qui entrent en réaction chimique, créant un gaz blanc ressemblant à de la fumée. Le traitement de l’environnement marin se fait aussi par l’odorat; par le biais d’une collaboration entre Julie Massé et Nez*, une revue olfactive. Ce partenariat va avoir pour résultat un parfum essayant de rappeler les odeurs fortes et reconnaissables de la mer et des algues dont l’artiste en met sa sculpture d’algue. *Nez est un mouvement culturel dédié à l'olfaction et au parfum, une revue publiée tous les 6 mois, une maison d'édition, un magazine en ligne
Sa pratique peut être reliée à la thématique de la Nature à l'œuvre par son motif de représentation de la faune et de la flore marine qui se traduit à travers les sens olfactif et visuel avec des formes organiques, différentes textures, des couleurs marines qui plongent le spectateur dans une expérience sensorielle qui évoque directement l’écosystème marin. Sa relation à la thématique est aussi par le choix des matériaux. En effet, l’artiste utilise des matières naturelles avec fibres, éléments organiques, pigments … mais aussi des plantes marines réelles, intégrées dans le processus de création. Ainsi, la nature intervient comme co‑auteur: les plantes, l’eau et les micro-organismes, modifient les textures, les couleurs et les formes. L’œuvre devient alors le résultat d’une interaction entre l’artiste et la nature. Son travail donne naissance à des œuvres chimériques organiques et évolutives qui créent des espaces de dialogue entre art, science et mythologie. Elle se rattache ainsi dans son travail des réactions chimiques et d’une évolution de la réaction plus ou moins forte et bruyante, à l’artiste Hicham Berrada qui crée des tableaux chimiques en constante évolution mêlant art et recherche scientifique comme dans son œuvre Présage de 2019. Mais aussi dans son utilisation de matériaux naturels pour représenter un motif lui aussi naturel ainsi que par sa portée écologique; Charlotte Gautier Van Tour se rapproche des œuvres de l'artiste islando-danois Olafur Eliasson comme Moss Wall de 1994 qui est une œuvre multisensorielle montrant un mur vivant avec du lichen vert.
Photos Nadine Averink