Fondation EDF - Ce que l'horizon promet
« Ce que l’horizon promet »
Sortie avec les élèves des deux enseignements, de spécialité et optionnel des classes de première et de terminale à la Fondation groupe EDF en septembre 2025.
Les élèves ont pu découvrir le travail d’une trentaine d’artistes qui interroge la notion d’avenir entre certitude et incertitude à la lumière de notre époque.
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Qu’est-ce qui nous attend ? Qu’allons-nous devenir ? De quoi l’avenir est-il fait ? Ces questions résonnent étrangement avec notre siècle où le dérèglement climatique est synonyme de l’effondrement de la biodiversité et où les conflits s’enlisent, ainsi plus de 10 % de la population mondiale est exposée à la guerre. Le sociologue Gérald Bronner, commissaire scientifique de l’exposition avec Nathalie Bazoche, Samantha Barroero et Erell Guégan propose pourtant un parcours plein d’espoir divisé en trois chapitres (« Certitude et Incertitude », « Magie et science », « Le Libre Arbitre »), pour chacun d’eux, un scientifique est interviewé : Cédric Villani sur l’intelligence artificielle, Émile Servan-Schreiber sur l’intelligence collective et le psychiatre Raphaël Gaillard sur notre relation à l’incertitude. Cette incertitude que l’humain a de tout temps essayé d’apprivoiser par la divination, la magie, l’astrologie, la technique, la connaissance scientifique… Ce que promet l’horizon en interroge les ressorts et en explore les issues.
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Les œuvres présentées jouent sur l'aléatoire, le déréglage et l'illusion pour questionner notre libre arbitre dans un univers de plus en plus numérique où l’intelligence artificielle semble tout algorithmiser. Dans un entretien vidéo mené pour l'exposition, le mathématicien Cédric Villani rappelle que les performances prodigieuse de l’IA du 21e siècle sont celles d’une technologie de l’expérimentation, sans fondement théorique, tant l’on peine à expliquer le fonctionnement de ces algorithmes. C’est l’inverse des principes de la science et le signe d’une difficulté, justement, à fonder un mécanisme de la prédiction. "L’histoire que nous voulons raconter est celle de l’humanité, résume Gérald Bronner. Elle charrie des histoires de sciences, d’ingénierie mais aussi de magie de superstition. Les deux sont en fait intimement liés." Au croisement de l’art, des sciences et des technologies, cette exposition revisite donc les différentes façons par lesquelles les humains ont cherché à connaître l’avenir.
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L’une des œuvres les plus emblématiques est répartie sur un vaste rectangle de 5 x 3,60 m constituée d’une myriade de cercles noirs sur un fond blanc qui reproduit l’image d’un cyclone. Il s’agit d’un assemblage de 69.750 dés à six faces agencés de manière à reproduire une vue satellite réelle du cyclone Florence, formé fin août 2018 dans l’Atlantique Nord. Cette installation à même le sol est l’œuvre du plasticien français Evariste Richer. Les dés à jouer sont le symbole du hasard et de l’imprévisible, l’image satellite au contraire, celui de notre volonté d’anticiper, de prévoir. Elle a particulièrement fasciné les élèves. Les dés à jouer dessinent la dépression atmosphérique d’où le titre Cyclone. Les dés sont rigoureusement ordonnés à partir de cette photographie satellite qui sert de matrice. Si les experts peuvent anticiper le trajet d'un cyclone avec de légères marges d'erreur, il est cependant plus compliqué de mesurer la puissance qu'il pourrait avoir contrairement au dispositif de cette œuvre où tout est sous contrôle comme ont pu le deviner les élèves. Tout Azimut, une œuvre de Tom Barbagli, est une boussole qui n'indique plus le nord. Si l’expression populaire s’écrit au pluriel « Tous azimuts », avec cet objet artistique c’est le singulier qui prime. Détail qui n’a pas échappé à l’esprit perspicace de certains élèves et qui renvoie à l’origine arabe de ce mot se traduisant par « le chemin ». Cet objet détourné de sa fonction première ne permet plus de se diriger.
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Que nous réserve le futur ? Difficile de formuler une réponse mais il est possible de l’imaginer comme les élèves ont pu le faire au travers des œuvres présentées.
Photos Nadine Averink