Que sont-ils devenus ? (Savannah)

Publié le par Nadine Averink

 

J'ai choisi l'option arts plastiques en Seconde parce que j'aimais beaucoup cette matière au collège et parce que j'aimais bien dessiner. J'avais soif d'apprendre et d'améliorer ma technique. Au début, on pense naïvement qu'on va nous apprendre à « bien dessiner » un corps, une main. Seulement on nous a vite fait comprendre que pour nous améliorer, il fallait tout simplement nous entraîner nous-mêmes. En fait, dans ce cours, on nous apprend surtout à observer. Je dirais même à voir (dans le sens de saisir). C'est en allant à des expositions, en essayant de comprendre la démarche d'un artiste, en étudiant les différents mouvements artistiques qu'on apprend véritablement. Tout cela nous pousse à la réflexion et à la création.

C'est ainsi qu'en Première nous avons pu répondre à des sujets plus poussés, en nous inspirant de démarches artistiques. La question n'était alors plus de savoir comment « bien dessiner » une chose, mais comment la représenter avec différents procédés et avec des médiums multiples et variés. A cette période j'ai également développé un intérêt pour le cinéma, et j'ai commencé à regarder beaucoup de films. J'aimais réaliser des courts métrages pour répondre aux incitations de notre professeur. J'aimais filmer ma vie au quotidien, mais de façon très aléatoire : je filmais des événements forts comme des événements banals, parfois dénués de sens. Mon intention était surtout de capter le moment.

En Terminale, notre manière d'aborder l'art et notre esprit ayant mûri, nous étions capables de développer notre propre dossier artistique. C'est ce projet personnel continu qu'il fallait présenter à l'épreuve du baccalauréat. J'allais de plus en plus à des expositions. J'ai découvert le cinéma d'auteur qui m'a tout de suite fait changer de regard sur le cinéma et sur la manière de tourner et de raconter une histoire. Ma passion pour l'art vidéo a débuté quand nous avons visité la rétrospective de Bill Viola au Grand Palais dans le cadre de l’option facultative. Cette expérience a été l'élément déclencheur : j’ai réalisé à quel point j’aimais filmer. Ce moyen d’expression est le capteur apte à extraire la poésie de mon esprit.

L'art étant la seule chose pour laquelle je suis réellement passionnée, je me suis orientée vers des études artistiques. Je voulais décrocher un DNA ou un DNSEP plutôt qu'un BTS. Avec une filière générale, je ne voulais pas tenter des concours pour les grandes écoles d'art. J’ai choisi une école préparatoire.

C'est à Prép'art Paris que j'ai approfondi mes recherches sur l'art vidéo. Dans mes travaux, j’ai questionné les notions de temps, de durée et de perception pour interroger un concept : la contemplation. Ce concept qui revêt parfois un caractère mystique et religieux (…) me fascine toujours.

Je me suis également intéressée à la texture, au grain et au pixel. J'ai tenté de trouver un juste milieu, une esthétique à la fois authentique et contemporaine qui refléterait la plasticité de l'image numérique. Pour ce faire j’ai choisi d’étudier un support d’images : la vidéo de caméra de surveillance. Ce média me passionne car des questions actuelles sur l'identité, la propriété privée/publique, la sécurité/l'insécurité, la machine, etc. en découlent.

Toutes ces réflexions m'ont permises de développer un dossier personnel, que j'ai présenté aux concours entre autres de l'ENSAPC (Beaux-Arts de Cergy) et celui des Beaux-Arts de Lyon. Finalement, j'ai été prise aux Beaux-Arts de Poitiers, l'EESI, école spécialisée en image.

Savannah
octobre 2015

Publié dans Après le bac

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