Grand Palais - Eva Jospin
Sortie au Grand Palais avec les élèves de 1e et de terminale de l’enseignement de Spécialité en Janvier 2026.
Eva Jospin réunit au Grand Palais plus d’une quinzaine d’œuvres, certaines créées spécialement pour l’exposition et dévoilées pour la première fois, d’autres revisitant des motifs emblématiques de son travail. Le titre de l’exposition, "Grottesco", s’inspire de la légende d’un jeune Romain tombé par hasard dans une cavité où il découvre des fresques oubliées de la Domus Aurea*. À partir de ce palais enseveli, semblable à une grotte, naît le "grotesque" dont Eva Jospin s’inspire : un style où le végétal, l’architectural et le fantastique s’entrelacent.
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Pensée comme une déambulation, l’exposition Grottesco d’Eva Jospin transforme le regardeur en explorateur à partir de ce fil légendaire. Celui-ci déambule dans un espace labyrinthique qu’il appréhende à travers des œuvres monumentales ou minuscules, construites comme des architectures ou comme des tableaux. Le visiteur observe un promontoire vertigineux, puis un cénotaphe qui s’élève tel une tour de Babel non pas en pierre mais en carton, ce matériau banal dont l’artiste a fait sa signature. Une série de bas-reliefs brodés accrochent la lumière avec des perles, fils libres et franges qui cascadent comme des nymphées, des fontaines grecques à l’origine sacrées. Jospin repousse toujours plus loin son exploration des matières, des échelles, des techniques. Elle aime autant travailler un brin d’herbe avec une pince à épiler que manier la ponceuse en haut d’une échelle pour polir le Duomo exposé au centre de la salle, une œuvre de 7,3 mètres de haut. Pour les tableaux brodés l’artiste a travaillé avec deux ateliers : l’atelier Amal et les brodeurs de Chanakya. En Inde, la broderie est un art traditionnellement masculin. A Bombay, l’école Chanakya forme des femmes à ce précieux savoir-faire.
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Cette déambulation artistique se termine devant Panorama. Semblable à une grande forêt enchantée, cet arc de cercle de neuf mètres sur neuf en bois et carton enveloppe le regardeur. L’ambiguïté de cette pièce inspirée par la peinture de paysage classique réside dans son identité plurielle : à la fois tableau, sculpture, haut-relief, elle permet au promeneur de vivre une expérience aussi bien visuelle qu’immersive.
Cette exposition invite les élèves à se plonger dans un univers fantasmagorique où s’entremêlent grottes, forêts, architectures imaginaires et paysages en métamorphose.
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*La Domus aurea ou Maison dorée est un immense palais impérial de la Rome antique, construit pour Néron, qui couvrait une partie importante de Rome intra-muros sur plusieurs dizaines d'hectares. Elle doit son nom aux feuilles d'or destinées à rehausser certains motifs du décor des fresques. Elle comportait plusieurs bâtiments distincts, de vastes jardins, un lac artificiel, mais aussi une salle de banquet qui tournait sur elle-même. Après la mort de Néron, l'espace occupé fut rendu aux Romains et le Colisée fut édifié sur l'emplacement du lac asséché. Ensevelie pendant des siècles, la Domus aurea fut en partie redécouverte à la Renaissance.
Photos Nadine Averink
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