Terminales - Option arts : Salambo

Publié le par Nadine Averink

L’ensemble de mes réalisations associent deux mots des homonymes “aile/elle”. Ces deux termes m’ont donné l’occasion d’utiliser des techniques différentes pour représenter des motifs en lien avec eux. Leur symbolique a été le moyen de les interroger à partir de notions du domaine des arts plastiques : genre (mythologique), texture des matériaux, etc. Mes représentations mêlent des éléments à la fois visuels et textuels, elles sollicitent plusieurs sens chez le spectateur. Mes productions présentent souvent des jeux d’opposition entre deux motifs visage/tête d’oiseaux, deux formes ou deux couleurs.

Travail n°1 (vidéo)

Ce projet est un travail sonore mais présenté sous la forme d’une vidéo sans image : le spectateur observe un écran noir. Pour le réaliser j’ai mixé plusieurs chants d’oiseaux d’espèces différentes et des rires de femmes à l’aide de l’application FinalCutPro. J’ai voulu présenter ce projet en tant que vidéo, le spectateur observe donc un écran noir et non pas comme bande sonore car je trouvais intéressant le fait d’entendre sans voir. Je me suis inspirée du travail d’Eric Rondepierre dans lequel il présente des photogrammes noirs mais aussi de l’installation sonore (From here to ear) du plasticien et musicien Céleste Boursier-Mougenot, qui représenta la France au Biennale d’art de Venise 2015. En effet, cet artiste contemporain a élaboré un dispositif dans lequel une guitare qui émet des sons d’oiseaux sert de perchoir à de nombreux oiseaux. Et pour l’absence de représentation visuelle c’est vers le travail de Dominique Petit Gand que je me suis tournée. Le spectateur s’attend à voir des oiseaux apparaître à l’écran mais il ne peut que les entendre. Il s’agit d’une alternance et/ou superposition de sons des chants d’oiseau et des rires féminins. Ces enregistrements deviennent le matériau de ce projet qui est une installation dans laquelle le spectateur sera immergé et plongé dans le noir comme pour l’œuvre présentée à la Fondation Cartier pour l’exposition intitulée « Le Grand Orchestre des Animaux - Installation UVA & Bernie Krause - Vidéo 360° ». L’idéal serait de créer une salle entièrement plongée dans l’obscurité, un environnement identique à ceux imaginés par Bill Viola.

Exemple de présentation :

Five Angels for the Millennium de Bill Viola, Crédit photographique : © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP, © Bill Viola1. Departing Angel, 2. Angel of Birth, 3. Angel of Fire, 4. Ascending Angel, 5. Angel of Creation, 2001 5 vidéoprojecteurs, 10 haut-parleurs, 5 bandes vidéo, 4/3, couleur, son stéréo, 7'45 à 13'10, Achat conjoint du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris en 2004 avec le soutien de Mme Lily Safra ; de la Tate, Londres avec le soutien de Mme Lynn de Rothschild et du Whitney Museum of American Art, New York avec le soutien de M. Leonard Lauder

Travail n°2

J’ai choisi pour ce dessin réalisé à l’aide de Photoshop comme motif,  un animal emblématique,  le Cygne et deux prénoms en référence à un Ballet de Tchaïkovski intitulé Le Lac des Cygnes. Dans le lien que je cherche à établir entre les mots aile et elle, cette référence me semblait incontournable. Le travail typographique des artistes dadaïstes et futuristes m’a inspiré comme les calligrammes de G. Apollinaire.  Le contraste des trois couleurs est important, il met en avant la silhouette de l’oiseau. Le fond noir lui symbolise la Mort.

Travail n° 3

On retrouve dans ce travail la notion de contraste, voir du double. Il se nomme « légèreté », le matériau qui le constitue : des plumes d’oiseaux de différentes teintes. Avec l’aspect visuel et tactile je sollicite divers sens celui du toucher et de la vue du spectateur, la plume est présentée et non pas représentée mais en même temps cet élément forme le mot « vent ». Ce collage est donc constitué d’éléments réels. La composition colorée « all over » peut évoquer une image abstraite si le spectateur reste à proximité de la surface pour distinguer les lettres il faut s’éloigner. Le fait de coller ces plumes contredit leur nature première d’être légère et de s’envoler avec le vent. Le lien symbolique entre les mots aile-elle s’inscrit également par l’utilisation d’une palette chromatique réduite autour du rose et du blanc. Ce projet peut évoquer les collages de Pablo Picasso et notamment celui de 1912 intitulé « Nature morte à la chaise cannée » de forme ovale entouré d’une vraie corde.

Travail n°4 (série photographique)

 

 

 

J’ai réalisé une série photographique : ce sont des photomontages numériques. J’ai voulu réellement faire écho aux créatures de la mythologie comme la sirène ou la sphinge. Ce sont des instantanés, les modèles photographiés, mes amies, ne posent pas, les images sont prises à l’improviste. A l’aide du logiciel Photoshop j’ai remplacé le visage par des têtes d’oiseaux. La palette chromatique des images est plutôt sombre, les tenues vestimentaires des modèles a déterminé le choix de l’animal. Les personnages apparaissent plein cadre car j’ai rogné certains éléments du décor. Les incrustations ne sont pas parfaites elles donnent presque l’idée d’un masque.

Travail n°5 (impression sur papier)

Cette 5e production est une frise constituée de serviettes en papier. Je me suis inspirée du test de Rorschach : la dualité d’interprétation renvois à ma problématique de départ. Les formes obtenues avec leur symétrie peuvent évoquer la silhouette  d’un corps de femme, un papillon, un vase. Ce travail est une série réalisée à l’encre de Chine rouge. La couleur rouge est utilisée ici d’un point de vue symbolique pour traduire l’amour ou le sang. Cette couleur peut donc être duelle selon le sens que l’on veut lui donner, c’est un rappel du jeu entre les deux mots « aile et elle ». Je me suis inspirée du  test de Rorschach ou psychodiagnostic qui est un outil clinique de l'évaluation psychologique de type projectif élaboré par le psychanalyste Hermann Rorschach en 1921. Il consiste en une série de planches de taches symétriques et qui sont proposées à la libre interprétation de la personne évaluée. Une fois analysées en profondeur, les réponses fournies serviront à évaluer les traits et les lignes de force qui organisent la personnalité du sujet. Les planches sont au nombre de dix, sept sont monochromatiques et dites « noires » tandis que trois sont polychromatiques dites « de couleur ». Cependant, dans les planches noires, il y a deux planches utilisant le rouge. Toutes les planches comportent des nuances, du gris clair au noir, de la couleur vive à la couleur pastel. En Suisse, à la même époque, un jeu d'enfant dit klecksographie consistait à déposer une goutte d'encre sur une feuille de papier que l'on pliait de façon à obtenir diverses formes d'oiseaux ou de papillons. Les dessins à l’encre sur papier de Louise Bourgeois ont été aussi une source d’inspiration.

 

Travail n°6

Ma dernière production est un bas-relief. J'ai représenté un papillon. J'ai pris deux verres dichroïques ce type de verre ne laisse passer que certaines couleurs, et réfléchi le reste. J’ai choisi ce support car il rappelle les ailes de papillons, car elles n’ont pas de pigment et ne font que réfléchir les couleurs.  Sur l’un, j’ai collée des billes et des perles de manière à représenter une aile de papillon. L’autre support est laissé tel quel. Grâce au reflet on obtient une double image. Le reflet de cet élément permet d’obtenir l’image complète de l’insecte. Ce pendant associe donc le réel et le virtuel. Composition symétrique avec un contraste pour la palette colorée car les couleurs reflétées paraissent très pâles à côté de la couleur des éléments en verre.

Je me suis inspirée d’une œuvre de Mona Hatoum constituée entièrement de billes colorées intitulée Map (Clear) spécialement créée pour le centre George Pompidou en 2015 ainsi que le principe des anamorphoses et plus spécifiquement de la sculpture en bronze de Jean-Max Albert, Reflet anamorphose, Parc de la Villette.1985. Comme dans mon tableau de verre le reflet n’est pas déformé. Ce dispositif permet  de voir simultanément l’objet d’origine et son effet visuel ou, si l’on veut, la possibilité d’apprécier en même temps l’image formée et sa “déformation”.

Publié dans Terminales

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